Quand le canon se remit à tonner avec force, elle trépigna de joie et cria:
—Ça, c'est à nous!... bravo, les canonniers!...
Puis elle se remit à écouter...
Les coups de canon se multipliaient, la fusillade était nourrie, des cris confus lui arrivaient. Pour sûr, les patriotes avançaient. On avait la victoire!
Ah! qu'il lui tardait de revoir son Lefebvre sain et sauf, et de l'embrasser vainqueur en lui disant:
—A présent, nous pouvons nous marier?
Elle allait et venait, fébrilement, dans sa boutique dont elle avait, par prudence, laissé les volets clos.
Elle n'osait s'éloigner, quelque envie qu'elle eût de retourner au champ de bataille, de peur que Lefebvre ne revînt en son absence. Il serait alarmé et ne saurait où la chercher. Le mieux était de l'attendre. Il repasserait sûrement par la rue Royale-Saint-Roch avec ses camarades, le château pris.
La rue était redevenue calme et déserte.
Les voisins s'étaient enfermés chez eux.