Il fit un mouvement comme pour se lever.

—Ne me tuez pas! murmura-t-il dans un effort suprême et instinctif, étendant les bras en avant, comme pour parer les coups d'ennemis invisibles.

Faisant alors un énergique effort, rassemblant dans une tension suprême de la volonté toutes ses forces, le blessé arriva à articuler cette phrase:

—Vous êtes Catherine Upscher... de Saint-Amarin? C'est mademoiselle de Laveline qui m'a envoyé chez vous. Elle m'a dit que vous étiez bonne... que vous m'aideriez à me cacher... je vous expliquerai plus tard...

—Mademoiselle Blanche de Laveline? dit Catherine stupéfaite, la fille du seigneur de Saint-Amarin... ma protectrice! Celle qui m'a permis de m'établir! d'acheter ce fonds! Vous la connaissez donc? Ah! pour elle, il n'est péril que je ne brave. Que vous avez eu raison de venir ici! Vous êtes en sûreté, allez! et l'on me passerait sur le corps avant de vous arracher de cet asile!

Le blessé tenta de parler. Il voulait sans doute invoquer encore le nom de cette Blanche de Laveline, qui paraissait avoir si grande influence sur Catherine.

Catherine lui imposa silence, d'un geste:

—Soyez raisonnable, dit-elle d'une voix maternelle... personne ne veut vous tuer! Mademoiselle Blanche sera contente de moi... Vous êtes ici chez une patriote...

Elle s'arrêta, grommelant:

—Qu'est-ce que je lui dis là? Les Autrichiens, ça ne sait pas ce que c'est que des patriotes! C'est des sujets, des esclaves... Vous êtes chez une amie, reprit-elle en élevant la voix.