Neipperg se laissa retomber sur le sol. Ses forces, un instant ranimées, le quittaient.
Mais il avait entendu la voix compatissante de Catherine, il avait compris qu'il était sauvé.
Une indicible expression de joie et de reconnaissance éclaira son visage défait. Il était chez une amie... le nom de Blanche de Laveline le protégeait... il n'avait plus rien à craindre...
Dans un effort suprême, les yeux demi-clos, il allongea le bras et sa main, exsangue et froide, chercha la main brûlante de Catherine...
—C'est bon!... calmez-vous!... laissez-moi vous soigner, citoyen Autrichien... dit Catherine, s'efforçant de maîtriser son émotion...
Et, attentive, anxieuse, elle se dit:
—Il serait mieux couché... mais je ne suis pas assez forte pour le porter sur le lit... Ah! si Lefebvre était là!... mais il ne vient pas!... est-ce qu'il serait...
Elle n'acheva pas sa pensée...
L'idée que son Lefebvre pouvait se trouver inerte comme cet officier étranger, plein de sang et à bout de souffle, se présentait pour la première fois à son esprit et la glaçait d'épouvante...
—C'est terrible, la guerre!... murmura-t-elle...