—Vive la nation!... crièrent des voix.
—A mort les traîtres!... A bas les Suisses et les Chevaliers du poignard! crièrent d'autres voix, dans la foule qui se pressait sur le seuil de la boutique de Catherine.
—Oui! la mort pour ceux qui ont tiré sur le peuple! dit Lefebvre d'une voix forte... Catherine, sais-tu pourquoi on cognait si rudement à ta boutique?...
—Non!... j'ai été effrayée... Il y a eu des coups de feu, près d'ici...
—Nous avons tiré sur un aristocrate qui s'était échappé des Tuileries... un de ces Chevaliers du poignard qui voulaient assassiner les patriotes... j'avais juré que s'il m'en tombait un sous la main je lui ferais payer le sang des nôtres... Justement, moi et les camarades, dit Lefebvre en désignant les gardes nationaux qui l'accompagnaient, nous en poursuivions un... nous avions déchargé sur lui nos fusils... quand tout à coup, au détour de la rue, il a disparu... il était blessé pourtant... il y avait du sang jusqu'auprès de la porte de ton allée, Catherine... alors nous avons cru qu'il s'était réfugié chez toi...
Lefebvre regarda autour de lui, et aussitôt reprit:
—Mais il n'y est pas... on le verrait... et puis tu nous l'aurais déjà dit, n'est-ce pas?...
Alors se tournant vers les gardes nationaux:
—Camarades, nous n'avons plus rien à faire ici... vous du moins!... vous voyez que l'habit blanc n'est pas là... vous permettrez bien à un vainqueur des Tuileries d'embrasser tranquillement sa femme...
—Ta femme? Oh! pas encore, Lefebvre!... dit Catherine.