—Quand tu es parti... me disant un adieu que l'un et l'autre nous pensions devoir être éternel... tu m'as annoncé que tu allais te ranger parmi les défenseurs du château... c'était courir à la mort... j'avais cependant un peu d'espoir au fond du cœur... c'est alors que je t'indiquai la boutique de l'excellente Catherine comme un asile sûr si tu parvenais à t'échapper des Tuileries... j'avais aussi l'espérance de pouvoir t'y rejoindre...

—Tu espérais cela, toi?... cependant tu avais obéi à ton père... tu avais consenti à devenir la femme de ce Lowendaal...

—Oui... mais quelque chose me disait que le mariage serait reculé...

—Et il l'a été?...

—L'insurrection grondait dans les faubourgs... Mon père a déclaré qu'il était impossible de célébrer le mariage à la date fixée... Alors le baron de Lowendaal a proposé d'accomplir la cérémonie plus tard... dans trois mois...

—Trois mois!

—Oui, le 6 novembre... c'est la date qu'il a fixée...

—Ah! il est moins pressé, le baron...

—Epouvanté par les événements, redoutant les progrès de la Révolution, M. de Lowendaal a quitté Paris hier soir, avant la fermeture des barrières... Il s'est rendu dans ses terres. C'est son château, auprès de Jemmapes, sur la frontière de Belgique, qu'il a désigné pour la célébration de cet impossible mariage...

—Et tu iras à Jemmapes?...