Pas d'argent. Pas d'emploi. Le ministre, sourd à ses réclamations. Les bureaux hostiles. Aucun ami. Nul protecteur...
Il se voyait acculé à une impasse navrante: la misère noire et l'impuissance!
Ses fumées d'ambition s'étaient dissipées au vent brutal de la vie... ses projets d'avenir s'effondraient ainsi que des châteaux de cartes.
Il commençait à sentir sur la nuque le frisson glacé de la désillusion...
Que faire?... Il avait un instant imaginé, en passant dans une rue du quartier de la Nouvelle-France, alors en construction, de louer des maisons et d'entreprendre la location en garni...
Il songeait aussi à quitter la France et à demander du service dans l'armée turque...
Cependant il se disait qu'il avait quelque chose dans la cervelle, et dans ses veines il sentait courir un sang impétueux, avec la rapidité du Rhône...
Alors il se remettait à la tâche, s'appliquant à l'étude topographique du bassin de la Méditerranée, son berceau, où le canon allait bientôt gronder...
Oh! s'il pouvait être là, où l'on se battrait, où l'on défendrait la nation, en canonnant les Anglais!...
Ce songe était possible... s'il demeurait chimérique, c'est que le Corse besogneux se trouvait seul, sans appui, sans personne qui crût en lui...