—Nous serons réunis jusqu'à la mort...
—Tu jures de me suivre partout, ma Renée?
—Je jure de t'accompagner où tu iras, Marcel!...
—Nous nous aimerons toujours!...
—Toujours nous nous aimerons, je le jure!...
—Que ces branches, emblèmes de la liberté, que ces arbres qui sont les piliers du temple de la Nature, que ces peuples rustiques reçoivent mes serments et soient témoins! dit Marcel avec l'emphase qui se trouvait alors dans le langage comme dans les gestes, et il étendit la main vers les arbres que la Révolution honorait tels que les symboles de la nation, en manière de serment.
Renée imita Marcel et, comme lui, la main étendue, jura d'aimer toujours et de suivre partout celui à qui elle s'engageait librement, sous les peupliers qu'argentait la lune bienveillante.
[X]
L'ENROLEMENT INVOLONTAIRE
Quand les deux jeunes gens eurent, d'un chaste baiser, scellé le serment échangé sous la sérénité du clair de lune, envahissant toute l'étendue du ciel et dispersant les brumes de l'occident, ils crurent entendre comme un froissement de feuilles derrière eux, suivi d'un cri analogue au houloulement du chat-huant.
Cet oiseau de funèbre augure troubla leur extase.