Une barre rougeâtre au couchant indiquait la mort du soleil, enseveli dans les linceuls de grands nuages roux et gris.

La lune cependant, dissipant les nuées avec lenteur, à l'orient montait, et son disque paisible luisait entre les hautes et frêles branches des peupliers.

Renée et Marcel, assis sur l'herbe, au bord du petit cours d'eau, se tenaient les mains et regardaient, comme une roue d'argent, l'astre blanc et doux rouler dans l'espace.

L'instant était solennel, l'heure était nuptiale.

Comme deux chants d'oiseaux se répondant au mois de mai, sous la ramure enamourée, les deux voix des jeunes gens alternaient dans la sérénité du soir:

—Je t'aime, ma Renée, et n'aimerai jamais que toi!...

—Toi seul, Marcel, occupes ma pensée, et mon cœur n'est qu'à toi seul...

—Nous ne nous quitterons jamais!...

—Toujours nous vivrons côte à côte...

—Rien ne pourra nous séparer!...