—Tu ne sais pas qui est le comte de Neipperg? Ce qu’il fut autrefois, où je l’ai rencontré jadis?
—Tu le connais?
—Oui... Te souviens-tu de cette nuit de Jemmapes où, surprise au château de Lowendaal, sans le brave La Violette, j’allais être passée par les armes comme Henriot aujourd’hui?
—Parbleu!... tu m’as assez souvent raconté cet épisode aventureux... tu as été sauvée par un officier autrichien... Serait-ce...
—Tu as deviné. C’était le comte de Neipperg!...
—Oh! tu me désarmes, dit avec tristesse Lefebvre, je ne pourrai plus à présent le faire fusiller quand j’aurai pris Dantzig... Je lui dois la vie de ma Catherine!...
—Attends! tu n’es pas seul obligé... Te souviens-tu aussi de la matinée du 10 Août?
—Ces journées-là ne s’effacent pas de la mémoire...
—Que s’est-il passé, Lefebvre, dans ma boutique de blanchisseuse, rue des Orties-Saint-Roch... quand tu es venu frapper à la porte avec tes camarades, les gardes nationaux?...
—Tu avais recueilli chez toi... dans ta chambre, un blessé... un chevalier du poignard... un défenseur des Tuileries... j’étais même un peu jaloux... Ah! si je m’en souviens?... comme si c’était d’hier!...