Le chef de poste les prévint que s’il les laissait entrer, ils ne pourraient probablement plus sortir:

—Eh! bien, répondit gaiement La Violette, nous attendrons que ces maudits Français soient battus... nous supporterons le siège avec vous!...

Ayant obtenu la permission de franchir le pont-levis, hésitants, le cœur serré d’angoisse, isolés dans une ville pleine de soldats, encombrée de blessés, d’artillerie, de magasins et de baraquements, où toute une population affolée s’était réfugiée, craignant d’être reconnus à chaque pas sous leur déguisement, ils erraient indécis, n’osant demander aucun renseignement, cherchant à s’informer par les yeux, de peur qu’une indiscrète interrogation ne les trahît.

La Violette cependant ayant avisé une cantine installée en plein air, où des soldats et des habitants buvaient et échangeaient des nouvelles, s’approcha et, se mêlant aux propos, écouta.

On parlait d’un espion français surpris, un officier déguisé en autrichien, qu’on venait de juger et qu’on devait fusiller le lendemain matin.

La Violette respira. Il était temps encore. Henriot n’était pas perdu, on pouvait encore le sauver.

La maréchale, de son côté, était entrée dans un magasin, et sous prétexte d’acheter de la mercerie, adroitement, s’était informée du logis du consul général d’Autriche. Elle avait, disait-elle, une nièce au service de la femme du consul.

Renseignée, elle retrouva La Violette et tous deux se dirigèrent vers le consulat.

Les portes en étaient soigneusement closes, on ne surprenait aucune animation dans le palais. Personne à qui parler aux abords.

Tous deux firent anxieusement le tour du bâtiment du consulat.