—On refusera l’échange...
—Que faire alors?...
—J’ai trouvé! dit tout à coup Neipperg.
—Parlez!... que faut-il faire?... puis-je vous seconder?
—Seul, je suffirai!... je vais sur-le-champ me rendre au palais du gouvernement et là je réclamerai le commandant Henriot comme sujet autrichien. Protégé par le pavillon d’Autriche, il devient inviolable... il sera gardé ici, prisonnier chez moi, jusqu’à ce que régularisation soit faite de sa nouvelle nationalité...
—Comment pouvez-vous faire considérer Henriot comme sujet autrichien?
—N’est-il pas mon fils?... il suivra la nationalité de son père, c’est le droit des gens... Mais vous, madame la maréchale, il faut vous éloigner immédiatement. Si vous tardez, je ne réponds plus de votre sécurité!
La maréchale ne répondit rien. Elle craignait de soulever une objection qui arrêtât le comte dans ses bonnes dispositions. Elle ne pouvait séjourner dans la ville sans compromettre peut-être plus grandement le sort d’Henriot.
—Allez donc, monsieur, dit-elle avec abandon, et puissiez-vous réussir et nous ramener Henriot!...
Munie d’un sauf-conduit du consulat autrichien, elle réussit à sortir de la ville avec le fidèle La Violette, sans éveiller de soupçons.