Aussi accueillit-il fort bien le prince Bagration qui vint, au nom du czar, lui offrir la paix.

Une entrevue fut demandée à Napoléon au nom de l’empereur Alexandre.

Il se montra charmé de cette occasion de faire la connaissance personnelle du grand monarque qu’il avait vaincu et dont déjà il souhaitait faire, dans une de ses pensées de derrière la tête qu’il ne communiquait à personne, non seulement son ami, mais son beau-frère.

L’entrevue fut fixée à Tilsitt le 25 juin, à une heure de l’après-midi.

Auparavant l’Empereur lança à son armée la proclamation suivante, qui, à près de cent ans de distance, doit faire encore battre tous les cœurs français:

«Soldats!

»Le 5 juin nous avons été attaqués dans nos cantonnements par l’armée russe. L’ennemi s’est mépris sur les causes de notre inactivité. Il s’est aperçu trop tard que notre repos était celui du lion: il se repent de l’avoir troublé.

»Des bords de la Vistule nous sommes arrivés sur ceux du Niémen avec la rapidité de l’aigle. Vous avez célébré à Austerlitz l’anniversaire du couronnement, vous avez cette année dignement célébré celui de la bataille de Marengo qui mit fin à la guerre de la seconde coalition.

»Français! vous avez été dignes de vous et de moi. Vous rentrerez en France couverts de lauriers et après avoir obtenu une paix glorieuse qui porte avec elle la garantie de sa durée. Il est temps que notre patrie vive et repose à l’abri de la maligne influence de l’Angleterre. Mes bienfaits vous prouveront ma reconnaissance et toute l’étendue de l’amour que je vous porte!»

La proclamation était datée du camp impérial de Tilsitt, le 22 juin 1807.