Lefebvre, très rouge, mécontent, inquiet, se demandant comment l’Empereur prendrait sa résistance et supporterait la défaite morale qu’il venait de lui infliger, rentra chez lui en maugréant.
Il trouva Catherine occupée à essayer une robe de cour, en vue des cérémonies du mariage impérial.
Elle bouscula tout, en apercevant son mari, s’élança à sa rencontre et lui sauta au cou, joyeuse, familière; puis, presque aussitôt, remarquant la figure bouleversée de Lefebvre:
—Qu’as-tu? lui dit-elle avec angoisse. Est-ce qu’on a tiré sur l’Empereur?
—Non!... Sa Majesté se porte bien... très bien...
—Ah! tu m’enlèves un poids! dit Catherine.
La possibilité d’une mort brusque de Napoléon hantait les esprits. C’était la plus grande catastrophe que chacun pouvait imaginer.
Les appréhensions de cet événement tourmentaient surtout non seulement ceux qui approchaient l’Empereur, mais encore la nation entière. Cette anxiété générale n’allait pas tarder à servir les audacieux projets de Mallet et des Philadelphes.
Catherine rassurée répéta sa question:
—Eh bien! qu’y a-t-il?... tu vas, tu viens... tu sembles ne pas pouvoir tenir en place... c’est donc grave!...