—Merci, madame, mais c’est au combat, et non dans les antichambres, qu’Henriot veut gagner ses grades... il n’est pas pour rien le filleul de Lefebvre!
—Eh bien! qu’il parte toujours... on lui fournira là-bas les occasions de se faire tuer, s’il en a si grande envie!...
—Votre Majesté est trop bonne! dit Catherine tout à fait ravie de la promesse. Enfin son enfant adoptif, le fils de Neipperg et de Blanche de Laveline, allait donc acquérir de la gloire et servir l’Empereur!...
Des acclamations formidables, mêlées à des roulements de tambour, à des sonneries de trompettes, firent se lever tout l’entourage de Joséphine. Chacun courut aux fenêtres.
Dans la cour, l’Empereur passait en revue les grenadiers de la garde.
Il avait à côté de lui les généraux destinés à commander la grande armée: Lefebvre, Bernadotte, Ney, Lannes, Davoust, Augereau et Soult. Mortier, commandant la réserve en Westphalie, et Murat, chef de toute la cavalerie, manquaient seuls à ce défilé de héros.
Après avoir minutieusement inspecté les soldats selon son habitude, l’Empereur s’approcha du tambour-major des grenadiers, haut et droit, qui redressait superbement son bonnet à poil au plumet gigantesque, la canne en arrêt, prêt à donner le signal du roulement:
—Comment t’appelles-tu, toi? demanda-t-il.
—La Violette, sire! répondit le géant d’une voix flûtée.
—Et tu as servi?