—Oui, sire, partout!...
—Attends donc... n’es-tu pas le tambour-major du 1er grenadiers de ma garde?...
—Je l’étais, sire!
—Pourquoi ne l’es-tu plus?
—Mon bras, sire... un biscaïen, maladroitement attrapé au passage...
—Où ça?...
—Dans l’île Lobau.
—Ah! la terrible bataille! Essling! Aspern!... tombeau de mes braves!... c’est là que j’ai perdu Lannes... Tu as servi sous le duc de Montebello, mon ami? demanda l’Empereur d’un ton douloureux, car le souvenir de la bataille restée douteuse à Essling, évoquant la mort de son meilleur ami, celui qui ne l’aurait pas trahi aux jours de malheur, lui était toujours pénible.
—Sire, j’avais l’honneur de l’avoir derrière moi à Berlin, quand le premier, la canne haute, je suis entré à la tête du 1er grenadiers dans cette capitale des Prussiens...
Napoléon éclata de rire.