Ce géant, au costume moitié civil, moitié militaire, était accompagné d’une femme en vêtements noirs.
Il s’était campé, au bas de la montée, dans l’intention visible d’attirer l’attention de l’Empereur, chevauchant auprès de l’Impératrice, suivis seulement du comte de Neipperg et du fidèle Roustan, dans son costume de mameluck, avec turban, larges pantalons, cimeterre et pistolets à pommeaux cuivrés passés à la ceinture.
Bien que brave, téméraire même en face des assassins apostés sur ses pas, Napoléon, en compagnie de l’Impératrice, prenait quelques précautions.
Il regarda cet homme de taille démesurée qui semblait le guetter au passage et, modérant l’allure de son cheval, il l’observa, nullement inquiet d’ailleurs, et ne songeant pas à faire appel à Roustan.
Un cri perçant de: «Vive l’Empereur!» s’échappa de la poitrine du grand diable présentant toujours, comme un fusil, sa grosse canne à pomme d’argent.
Napoléon arrêta brusquement son cheval et héla l’homme:
—Viens ici, toi?
—Oui, sire!...
Le géant s’approcha, raide, sérieux, tenant toujours la canne.
—Je t’ai vu quelque part, dit brusquement l’Empereur.