Une partie de chasse à Compiègne avait été organisée par l’Empereur pour le lendemain, et la duchesse de Dantzig, pour la circonstance, s’était commandé une longue jupe, une veste à boutons de métal et un coquet chapeau.

Elle avait grommelé tout en enfilant la jupe et le corsage, qu’elle trouvait trop étroit:

—Je n’entrerai jamais là-dedans!... je vais tout faire éclater pour sûr, quand je serai devant Leurs Majestés... et l’on se moquera encore de moi! fit-elle avec un soupir. Bah! je m’en fiche! reprit-elle gaiement... je les vaux bien toutes, ces mijaurées!... Ah! jour de Dieu! si j’en tenais une entre quat’z’yeux... la reine Caroline par exemple!... elle a beau être la sœur de l’Empereur, quelle tripotée je lui flanquerais!... ça lui rappellerait le temps où elle allait au lavoir... Nous avons juré respect et obéissance à Sa Majesté... mais pas à elle!... Parbleu! elle n’a pas gagné la bataille d’Austerlitz, la Murat!... Voyons, le chapeau, Lise!...

Elle prit brusquement la coiffure des mains de la femme de chambre.

Elle campa le chapeau sur sa tête, un peu en arrière, et se regarda.

—Ça me va très mal!

—Je ne trouve pas, madame la duchesse! se hasarda à dire la femme de chambre.

—Vous n’y connaissez rien, Lise... moi, pas grand’chose, du reste...

—Madame la duchesse le trouve trop grand?

—Trop petit... il n’en fait qu’à sa tête, ce chapelier... c’est pourtant lui qui fournit à l’Empereur ses chapeaux...