Neipperg haussa imperceptiblement les épaules.

—Vous oubliez Savary!...

—Eh bien! quoi, Savary?

—Il a organisé une sombre officine... un cabinet noir... partout, à Saint-Cloud, aux Tuileries, ici même, à Compiègne... Pas une lettre, ne part pour Vienne qu’elle n’ait été, au préalable, décachetée, remise à l’Empereur et recachetée, avec une grande habileté. Le duc de Rovigo est passé maître dans l’art de soumettre les lettres à la fumigation, de soulever la cire des cachets à l’aide d’une lame de couteau rougie au feu... L’Empereur d’Autriche le sait et il m’a autorisé à obtenir de sa fille un entretien secret... C’est pour cela que, bravant tout, je me suis rendu, sous ce déguisement, au palais de Compiègne...

—Neipperg, soyez raisonnable! ne vous perdez pas... ne compromettez pas l’Impératrice...

—Loin de moi cette pensée!...

—Jurez-moi de partir immédiatement... sans songer à pénétrer auprès de Sa Majesté...

Neipperg hésitait. Catherine insista:

—Mais, encore un coup, sur qui comptez-vous pour vous introduire auprès de Sa Majesté?...

—Sur madame de Montebello...