—Alors, madame la duchesse est satisfaite de sa coiffure? dit à haute voix le faux commis.

—Très satisfaite, vous ferez mes compliments à votre patron...

Et la duchesse se jeta dans un fauteuil pour recevoir avec dignité le chambellan de Sa Majesté.

[XIII]
LA CRÉANCE DE LA BLANCHISSEUSE

L’ordre transmis par M. de Rémusat était formel.

L’Empereur mandait sur-le-champ la duchesse de Dantzig dans son cabinet.

M. de Rémusat s’étant retiré, sa mission remplie, la duchesse se hâta de passer une robe, de s’envelopper d’un manteau pour se rendre au cabinet impérial.

L’Empereur travaillait à son bureau, éclairé de trois bougies et d’une lampe, ayant auprès de lui Constant, son valet de chambre, qui lui préparait une tasse de café.

Des officiers d’ordonnance, en brillant uniforme, M. de Lauriston, M. de Brigode, attendaient les plis que leur remettait l’Empereur. C’était dans les couloirs un va-et-vient continuel d’estafettes.

Très nerveux, très agité, Napoléon signait d’une main fiévreuse les pièces déposées devant lui.