—Mon cher Fouché, ne soyez pas si dur!...

—Pourquoi m’attendrirais-je?... Ah! prouvez-moi que j’ai un intérêt quelconque à m’occuper de M. de Neipperg et immédiatement je change de langage et je mets à votre disposition tout ce que je puis avoir d’habileté!... J’avais pensé, je ne vous le cacherai pas, à m’occuper de M. de Neipperg... Mais sa sottise de cette nuit, cette façon stupide de tomber dans la nasse, m’ôte tout espèce de goût pour son aventure.

L’arrestation soudaine de Neipperg avait en effet entravé les projets de Fouché qui comptait se faire un mérite de surprendre le téméraire écuyer et qu’il se promettait selon les circonstances, de livrer à l’Empereur ou de faire échapper.

Une affaire avortée. Il en concevait quelque méchante humeur. C’était bien la peine d’avoir observé, surveillé, filé M. de Neipperg avec si grand soin, pour qu’il se fît happer au collet par Roustan.

Les paroles de la maréchale Lefebvre lui donnaient cependant quelque espoir. Peut-être pourrait-on reprendre en sous-œuvre l’édifice écroulé?

—Et quel intérêt, selon vous, aurais-je, ma chère duchesse, demanda-t-il d’une voix insinuante, à me préoccuper du sort de M. de Neipperg?...

—Un intérêt considérable... Vous désirez redevenir ministre de la police?...

—Oh! pour le bien de l’Etat et la sécurité de l’Empereur, voilà tout! fit-il modestement.

—Voici l’occasion offerte: sauvez M. de Neipperg...

—Ce serait plutôt m’exposer à être exilé par Sa Majesté!...