A Naumbourg, le maréchal Davoust, chargé d’observer l’armée du prince de Hohenlohe, avait son quartier général.
Une hauteur domine Iéna. Là, avec Lannes et la garde, Napoléon se campa. Au centre d’un carré de quatre mille hommes, il établit sa tente. Depuis, l’on a nommé ce tertre fameux: Napoléonsberg.
Alors, avec une activité prodigieuse, il s’occupa d’amener son artillerie par des chemins difficiles. Une torche à la main, il dirigeait en personne les travaux du génie entaillant le roc pour livrer un passage au canon.
Brisé de fatigue, il ne voulut prendre du repos que lorsqu’il eut vu les premières pièces hissées.
Devant un feu de bivouac, se faisant apporter une chaise, il s’assit, à cheval, et les deux mains appuyées au dossier, il s’endormit, au milieu d’un cercle respectueux de soldats et d’officiers.
La Victoire, planant sur la Grande Armée de ses ailes invisibles, protégeait le sommeil du grand soldat.
Quand il rouvrit les yeux, un brouillard épais couvrait la plaine. Escorté par des hommes munis de torches, Napoléon parcourut le front des troupes. Il les harangua avec son énergie et sa précision accoutumées. Il fallait couper les Prussiens, les séparer des Russes, et la journée qui s’avançait allait renouveler les prodiges d’Austerlitz!...
Les cris de: «Vive l’Empereur!» éclatèrent et le signal d’attaquer fut donné à Lannes.
Le 14 octobre 1806 fut une double victoire: Iéna et Auerstaedt.
A Iéna, où Napoléon commandait en personne, la victoire fut un instant compromise par le maréchal Ney qui s’était engagé imprudemment.