L’Empereur tressaillit. Il aimait les réponses précises et goûtait la présence d’esprit.

Il augura bien de l’à-propos de ce jeune homme.

—Ah! je vous ai nommé lieutenant? dit-il en souriant, eh bien! lieutenant vous resterez... au même régiment... S’il n’y a pas d’emploi vacant, Murat ou Lasalle se chargeront de vous en fournir un à la première affaire... Oh! il y aura des places pour tout le monde dans cette campagne qui ne fait que commencer...

Lefebvre s’approcha:

—Sire, je vous remercie pour notre enfant adoptif... la maréchale sera bien heureuse!... D’ailleurs, ce grade que vous venez d’accorder à Henriot, il l’avait mérité, et vous n’avez fait que rendre justice à un vrai soldat...

—Ton élève, Lefebvre?...

—Dont je suis fier, sire... Raconte ce que tu as fait, petit, pour justifier la faveur de Sa Majesté, continua-t-il en se tournant vers le jeune officier.

Henriot rougit, hésita, balbutia...

—Tu ne tremblais pas ainsi devant la place de Stettin! dit brusquement Lefebvre.

—L’Empereur est plus redoutable que Stettin! murmura le nouveau lieutenant.