—Cependant tu as pris Stettin! s’écria vivement Lefebvre.

—Oh! oh!... comment, ce hussard a pris Stettin? fit l’Empereur, de très bonne humeur... expliquez-moi donc cela... On vient, en effet, de m’envoyer le rapport de la reddition inespérée de cette place considérable... mais vous n’avez pas à vous tout seul, je suppose, pris une place forte ayant une nombreuse garnison et de l’artillerie?

—Sire, j’avais avec moi un peloton de hussards!... répondit modestement Henriot.

Lefebvre intervint de nouveau:

—C’est comme il le dit à Votre Majesté... la chose a été rondement enlevée! fit-il, tout joyeux de vanter son protégé... Le général Lasalle galopait avec ses hussards et ses chasseurs dans la campagne... il ne connaissait pas très bien le pays, Lasalle... il envoie le sous-lieutenant Henriot avec un peloton de hussards pour reconnaître une sorte de gros village qu’il apercevait dans le lointain...

—Un peloton seulement!... quelle imprudence!... Continue, Lefebvre...

—Aussitôt, reprit Lefebvre, l’officier part, il arrive sous les murs d’une grande ville, toute bastionnée, et dont les remparts apparaissaient garnis de nombreuses pièces... Achève, Henriot, fais savoir à Sa Majesté ce qui s’est alors passé...

Le jeune homme s’enhardit.

—Surpris de me trouver devant une place de cette importance... qu’on m’avait dit n’être qu’un village... je m’arrêtai!...

—Lasalle est brave comme toi, Lefebvre, mais il est aussi ignorant en géographie!... dit l’Empereur en faisant une grimace; poursuivez, lieutenant!