La première effusion passée, Lefebvre dit:
—Ah! ça, qu’est-ce qui t’amène ici?
—Un secret d’Etat! répondit la maréchale.
—Ah! bah! conte-moi cela.
—C’est l’Impératrice qui m’envoie...
—Elle veut savoir si je prendrai bientôt Dantzig?
—Non... elle désire connaître les sentiments de l’Empereur à son égard...
—L’Empereur lui est toujours fort attaché... Bien qu’elle lui en ait fait voir de grises dans les temps... à présent qu’elle a passé la première et même la seconde jeunesse, il est probable qu’elle a moins de démangeaisons à la cuisse... je suis même persuadé qu’aujourd’hui elle aime notre Empereur!...
—Elle l’adore...
—Il est bien temps!... C’était autrefois, quand il était général à l’armée d’Italie, qu’elle aurait dû avoir pour lui ces sentiments-là... Mais va te faire lanlaire! Joséphine ne pensait qu’à se faire courtiser à Paris... elle traînait après elle tout un état-major de galants... Barras en était... et puis Hippolyte Charles, le beau Charles, l’adjudant de Leclerc, et dix autres encore... Ah! ce qu’il aimait sa femme alors, notre général, c’était du délire, de la folie!...