Et Malet, déployant un papier à en-tête, lut la pièce suivante, très habilement fabriquée par lui, et qui pouvait, par ses apparences d'authenticité, tromper des yeux non prévenus.

C'était un sénatus-consulte, destiné à être affiché, lu aux troupes de la garnison, envoyé aux préfets et aux commandants de places, et montré, s'il le fallait, aux généraux, aux ministres, aux divers agents de l'autorité, requis par Malet, au nom du pouvoir sénatorial.

L'original de cette pièce, publiée pour la première fois sous la Restauration, est aux Archives.

Ce sénatus-consulte fictif portait l'en-tête suivant:

SÉNAT CONSERVATEUR

Séance du 22 octobre 1812.

Présidence de M. Sieyès.

«La séance s'est ouverte à huit heures du soir sous la présidence du sénateur Sieyès.

»Le Sénat, réuni extraordinairement, s'est fait donner lecture du message qui lui annonce la mort de l'empereur Napoléon qui a eu lieu sous les murs de Moscou, le 7 de ce mois.

»Le Sénat, après avoir mûrement délibéré sur un événement aussi inattendu, a nommé une commission pour aviser, séance tenante, aux moyens de sauver la Patrie des dangers imminents qui la menacent, et après avoir entendu les rapports de la commission,