Le général Malet était resté dans sa chambre avec sa femme, après le départ d'Henriot.
Madame Malet était au courant de ses projets, mais sans en connaître les détails. Elle savait seulement que le but que se proposait son mari était le renversement de l'Empire. Elle ignorait de quelle façon il comptait amener ce grand bouleversement.
Malet lui dit brusquement:
—C'est décidé!... Ce soir, je m'évade, ma chère femme, et je vais essayer de délivrer ce peuple asservi!...
Madame Malet poussa un léger cri, mais ni larmes, ni supplications ne lui échappèrent. Elle ne voulait pas, en faiblissant, paralyser l'action de son mari. Elle lui demanda seulement, inquiète et redoutant l'insuccès:
—As-tu des chances de réussite?... Tu as donc du nouveau?
—Beaucoup de nouveau!... l'Empereur est mort!...
—Est-ce possible! murmura madame Malet.
—J'ai reçu la nouvelle... de Russie... d'un ami sûr... répondit vivement Malet. Le gouvernement ne sait rien encore. Dans la nuit, le matin peut-être seulement, il apprendra ce grand événement. Oh! j'aurai mis à profit la nuit et la connaissance anticipée de cette heureuse catastrophe.
—Que comptes-tu donc faire?