—Je suis chargé d'une mission qui m'est pénible... Vous êtes destitué, général, je vous remplace... veuillez me remettre votre épée!... J'ai l'ordre de vous arrêter...
Hullin devint très pâle. C'était un homme d'une grande énergie. Il ne se laissait pas facilement intimider.
Surpris cependant par cette avalanche de nouvelles, il balbutia:
—Vous m'arrêtez?... pourquoi?...
Et, se remettant presque instantanément, il ajouta avec une grande présence d'esprit qui déconcerta une seconde Malet:
—Général, je demanderai à voir vos ordres...
—Volontiers, passons dans votre cabinet!... répondit Malet s'efforçant de paraître indifférent et correct.
L'énergique Hullin avait repris tout son sang-froid. Il avait fixé un œil calme et sévère sur Malet et le conspirateur s'était troublé. La méfiance s'éveillait dans l'esprit d'Hullin. La pensée d'une fraude lui vint. N'était-il pas invraisemblable qu'on le mît en état d'arrestation? pour quelle faute? Et puis est-ce Malet qu'on eût chargé de le conduire en prison? Le soupçon d'un complot grandit dans sa pensée. Malet n'était qu'un audacieux imposteur, mais comment l'arrêter? Il devait avoir des hommes avec lui et Hullin, en robe de chambre, n'ayant aucune force à sa disposition, se trouvait isolé, dans son appartement, à la merci de cet aventurier qui prétendait avoir contre lui un mandat régulier.
Pour gagner du temps, Hullin avait demandé à voir les ordres.
Il ouvrit donc la porte de son cabinet où Malet le suivit, et se dirigea vers son bureau.