—Oh!... oui!... vive l'Empereur!... vive Napoléon!...
[XVIII]
LA PLAINE DE GRENELLE
Malet avait pénétré seul à l'État-Major. Il montait allègrement l'escalier. Tout lui réussissait. Il n'avait plus qu'à donner une poignée de main au chef d'état-major Doucet, à lui confirmer son grade de général, et à travailler, avec le successeur du sous-chef Laborde, à l'expédition des nouvelles instructions aux chefs de corps.
Donc une simple formalité, une prise de possession rapide et sans obstacles prévus.
La rencontre qu'il venait de faire sur la place de ce vieux soldat, l'ancien tambour-major de la garde, lui semblait d'excellent augure. Les anciens troupiers de la République, les grognards de Napoléon venaient à lui. On était décidément las du despote et le cri: A bas le tyran! comme à Rome, au jour de la mort de César, allait s'échapper de toutes les poitrines.
Ce fut en souriant qu'il entra dans le cabinet du chef d'état-major Doucet.
Il lui tendit la main et lui dit:
—Général, je viens m'entendre avec vous pour les mesures à prendre...
Doucet, assis, paraissait hésitant. Il soupçonnait l'imposture.
Le sous-chef d'état-major Laborde, très suspect aux yeux de Malet, parut tout à coup.