C'est La Violette qui le maintient désarmé, impuissant.
Laborde cependant a répété son cri: Aux armes! sur le palier.
Des gendarmes accourent. Ils envahissent la pièce. Ils se précipitent sur Malet qui, en un instant, est garrotté.
—Messieurs, prenez garde, s'écria Malet, cherchant à en imposer encore à ceux qui démasquaient en lui le conspirateur, le faussaire, il vous arrivera malheur, si vous me retenez... prenez garde!
—Qu'on le bâillonne! commanda Laborde, qui fut en cette circonstance rempli d'énergie et montra une vive présence d'esprit.
L'ordre est exécuté. Le fidèle Rateau survient, attiré par le tumulte. Il veut défendre son général et tire son épée. En un instant il est saisi, lié, et bâillonné comme son chef.
Il était dix heures. La conspiration Malet était terminée. Elle avait juste duré, depuis l'évasion de la maison de santé, douze heures. Le roman d'une nuit.
Après une courte délibération, Doucet, Laborde et La Violette prirent le parti de faire paraître sur le balcon Malet et Rateau, liés, entourés de gendarmes.
—Ces hommes sont des imposteurs!... L'Empereur n'est pas mort! Votre père vit encore! cria Laborde.
Et La Violette, portant son bonnet de police au bout de sa canne, fit le simulacre du commandement du roulement.