—Misérable! criait Guidal au capitaine rapporteur Delon s'approchant pour lire la sentence, les trois quarts de ceux que tu as fait condamner sont innocents, tu le sais bien!

—Monsieur le gendarme, disait au garde qui le tenait par le bras Bocchéiampe, j'avais demandé un confesseur.

—Je suis né sous les drapeaux, j'ai toujours été dévoué à l'Empereur, moi... Pourquoi me fusilles-tu? Vive l'Empereur! s'écriait Borderieux.

—Ton Empereur! lui dit Lahorie se tournant vers lui, s'il avait été dans mon cœur, il y a longtemps que je me fusse poignardé!...

—Silence dans les rangs! dit alors Malet d'une voix forte. C'est ici à moi de parler!

Et faisant un pas vers l'officier de gendarmerie:

—Monsieur, en ma qualité de général et comme chef de ceux qui vont mourir ici pour moi, je demande à commander le feu!

L'officier inclina la tête en signe d'assentiment.

Malet jeta un coup d'œil sur les troupes. Le carré était composé de 120 hommes. Le peloton d'exécution comprenait 30 hommes, tous vieux soldats. Le carré était formé de très jeunes soldats.

Les condamnés étaient placés sur un seul rang, adossés à un mur.