Louis XVIII fit une pension à la veuve de Malet et donna les épaulettes de sous-lieutenant de chasseurs au fils du général, Aristide Malet, en reconnaissance du mal que son père avait voulu faire à Napoléon et du grand service qu'il avait rendu aux Bourbons en prouvant que si l'Empereur mourait ou disparaissait, les pouvoirs publics, l'armée, les citoyens ne semblaient pas se souvenir de l'existence du roi de Rome.
—Ils sont morts en braves! disait le soir de l'exécution La Violette aux gens de Combault... Je ne regrette pas d'avoir contribué à arrêter Malet, car il avait conspiré contre l'Empereur et travaillé ici pour les Cosaques... Mais ces pauvres officiers, ces soldats qui ont cru obéir à des ordres réguliers, à des chefs hiérarchiques, je donnerais la moitié de mes membres pour les voir ici, vivants et graciés!...
Et ce bon La Violette, du revers de sa manche, essuya une larme indiscrète.
Puis, pour changer ses idées sombres, il se leva et considéra avec attendrissement Henriot, joyeux, heureux, qui s'avançait sous les arbres, donnant le bras à Alice qui lui parlait, amoureusement penchée vers lui.
Derrière eux, sa bonne figure éclairée d'une joie maternelle, la maréchale Lefebvre regardait les deux jeunes gens enfin réunis et dont le bonheur était désormais stable et définitif.
Le malentendu s'était promptement dissipé.
Henriot, en arrivant à Combault avec La Violette, s'était confessé à l'excellente madame Sans-Gêne. Il avait avoué son erreur, la nuit, lorsqu'il avait cru surprendre l'Empereur auprès d'Alice, puis sa fuite, ses désirs de vengeance et enfin la révélation de la vérité au Palais-Royal, lors de la rencontre de La Violette et de Samuel Walter, le sosie impérial.