—Et quoi qu'il vous a dit, l'Empereur, m'sieu La Violette?...

—D'abord, appelez-moi gouverneur!... Ne savez-vous pas, bons villageois, paisibles naturels de la Queue-en-Brie, de Tournan et autres lieux, que j'ai l'honneur d'être le gouverneur de ce château de Combault, seigneurerie du maréchal Lefebvre, duc de Dantzig... ne l'oubliez pas... A présent, vous voulez savoir ce que l'Empereur il m'a dit?...

—Oui! oui! crièrent les paysans.

—Eh bien... une fois... il m'a trouvé à un endroit où il faisait chaud, et cependant c'était en hiver, le 15 novembre 1796... j'avais quinze ans de moins, les enfants!...

—Vous étiez aussi grand, m'sieu La Vio... pardon! m'sieu le gouverneur? dit le paysan qui avait interrogé l'ancien tambour-major.

—Un peu plus, conscrit!... Pour lors, nous nous trouvions à patauger dans des marais du côté de Vérone, en Italie.

—C'est loin l'Italie?...

—Oui... beaucoup plus loin encore! Les Autrichiens nous entouraient, ils voulaient nous faire régaler les sangsues des marais... Alvinzy, l'Autrichien, n'attendait plus qu'un renfort de 40,000 hommes pour nous tomber dessus... alors qu'est-ce que fait le général?...

—Napoléon?... pas vrai, m'sieu le gouverneur?

La Violette regarda de travers son interrupteur: