—Vous me rassurez!... Eh bien, monsieur le comte, pour que nous puissions parler librement de notre ami, allez m'attendre dans mon appartement... j'irai vous rejoindre aussitôt que l'Empereur se sera retiré...
—Votre appartement? dans quelle partie du château se trouve-t-il? Il est inutile que je m'informe. On pourrait s'étonner de ma présence à cette heure tardive chez vous...
—Il est facile de vous orienter... Mon boudoir, où je vous prierai de vouloir bien prendre patience jusqu'à ce que je vous rejoigne, donne sur le salon où sont exposés les cadeaux et la corbeille de noces de la mariée... vous le traverserez... Ah! reprit en riant la maréchale, n'allez pas vous tromper au moins et pénétrer chez la jeune épousée... D'ailleurs, je vais vous y faire conduire!...
La maréchale fit signe à un valet de pied et lui donna une brève instruction. Maubreuil, après avoir salué profondément, suivit ce domestique. Son sourire mauvais des jours de grandes coquineries avait reparu sur ses lèvres minces.
Catherine prit alors son mari par le bras et l'emmena vers la fenêtre:
—Écoute, lui dit-elle, il y a du nouveau...
—Quoi?... la guerre avec la Russie?...
—Il ne s'agit pas de cela pour le moment.. mais d'Henriot... d'Alice...
—Est-ce qu'ils sont malades... ou brouillés?
—C'est bien pis! l'Empereur trouve Alice à son goût... il la veut...