—Nom de nom! tu cognes dur, mon bon goddam!... Attends un peu, je vais t'apprendre, moi, la boxe nationale des Français, la savate, ou, si tu aimes mieux, le chausson... Attention! J'annonce la gueule!... Pare-moi celui-là!...

Et, pirouettant, en même temps qu'il gouaillait ainsi l'Anglais, l'homme lançait son pied avec vitesse et appliquait sa semelle, comme un emplâtre, sur la bouche et le nez de Samuel Barker.

Le sang jaillit et Sam, étourdi, tomba.

—C'est ce que nous appelons le coup de figure... l'as-tu compris? reprit le grand diable qui avait rompu et s'était remis en garde, se tenant sur la défensive; j'ai peut-être tapé un peu fort, mais j'avais annoncé la tête, il fallait parer, et puis, tu n'avais pas négligé tes poings non plus, et si je n'avais pas le coffre aussi solide... Ah! bien! quoi qu'il y a... tu ne te relèves pas?... Ce n'est pas une frime, par hasard?... Vrai! tu ne bouges pas?... Mille cartouches! c'est donc sérieux?...

Et vivement il s'approcha de Sam qui, inerte sur le sol, poussait de sourds gémissements.

Il le secoua sans brutalité. Sa voix s'était adoucie.

—Mais, qu'as-tu?... remets-toi!... un peu de vigueur...

—Grâce!... Pardon!... balbutia Sam en gémissant.

—Tu n'as pas besoin de demander grâce... tu as ton compte... Jamais La Violette, ex-tambour-major des grenadiers de la Garde, n'a frappé un ennemi à terre, entends-tu bien? Allons, goddam, lève-toi!...

Et La Violette—car c'était le brave régisseur du château de Lefebvre qui, faisant par prudence une ronde du côté du pavillon, qu'il croyait encore occupé par l'Empereur, avait surpris Samuel Barker escaladant le mur—après s'être penché de nouveau vers l'Anglais, à qui, en échange de son assaut de boxe, il avait donné une si formidable leçon de chausson, grommela: