ROXANE (simplement, regardant la croix du couvent):
Puisque je suis ici.
(Nouveau silence.)

LE DUC:
Vraiment c'était un être ?. . .

ROXANE:
Il fallait le connaître !

LE DUC:
Ah ! Il fallait ?. . .Je l'ai trop peu connu, peut-être !
. . .Et son dernier billet, sur votre cœur, toujours ?

ROXANE:
Comme un doux scapulaire, il pend à ce velours.

LE DUC:
Même mort, vous l'aimez ?

ROXANE:
Quelquefois il me semble
Qu'il n'est mort qu'à demi, que nos cœurs sont ensemble,
Et que son amour flotte, autour de moi, vivant !

LE DUC (après un silence encore):
Est-ce que Cyrano vient vous voir ?

ROXANE:
Oui, souvent.
—Ce vieil ami, pour moi, remplace les gazettes.
Il vient; c'est régulier; sous cet arbre où vous êtes
On place son fauteuil, s'il fait beau; je l'attends
En brodant; l'heure sonne; au dernier coup, j'entends
—Car je ne tourne plus même le front !—sa canne
Descendre le perron; il s'assied; il ricane
De ma tapisserie éternelle; il me fait
La chronique de la semaine, et. . .
(Le Bret paraît sur le perron):
Tiens, Le Bret !
(Le Bret descend):
Comment va notre ami ?

LE BRET:
Mal.