LE DUC:
Oh !
ROXANE (au duc):
Il exagère !
LE BRET:
Tout ce que j'ai prédit: l'abandon, la misère !. . .
Ses épîtres lui font des ennemis nouveaux !
Il attaque les faux nobles, les faux dévots,
Les faux braves, les plagiaires,—tout le monde.
ROXANE:
Mais son épée inspire une terreur profonde.
On ne viendra jamais à bout de lui.
LE DUC (hochant la tête):
Qui sait ?
LE BRET:
Ce que je crains, ce n'est pas les attaques, c'est
La solitude, la famine, c'est Décembre
Entrant à pas de loup dans son obscure chambre:
Voilà les spadassins qui plutôt le tueront !
—Il serre chaque jour, d'un cran, son ceinturon.
Son pauvre nez a pris des tons de vieil ivoire.
Il n'a plus qu'un petit habit de serge noire.
LE DUC:
Ah ! celui-là n'est pas parvenu !—C'est égal,
Ne le plaignez pas trop.
LE BRET (avec un sourire amer):
Monsieur le maréchal !. . .
LE DUC:
Ne le plaignez pas trop: il a vécu sans pactes,
Libre dans sa pensée autant que dans ses actes.
LE BRET (de même):
Monsieur le duc !. . .