CYRANO:
Vous ?. . .au contraire !
J'ignorais la douceur féminine. Ma mère
Ne m'a pas trouvé beau. Je n'ai pas eu de sœur.
Plus tard, j'ai redouté l'amante à l'œil moqueur.
Je vous dois d'avoir eu, tout au moins, une amie.
Grâce à vous une robe a passé dans ma vie.
LE BRET (lui montrant le clair de lune qui descend à travers les branches):
Ton autre amie est là, qui vient te voir !
CYRANO (souriant à la lune):
Je vois.
ROXANE:
Je n'aimais qu'un seul être et je le perds deux fois !
CYRANO:
Le Bret, je vais monter dans la lune opaline,
Sans qu'il faille inventer, aujourd'hui, de machine. . .
LE BRET:
Que dites-vous ?
CYRANO:
Mais oui, c'est là, je vous le dis,
Que l'on va m'envoyer faire mon paradis
Plus d'une âme que j'aime y doit être exilée,
Et je retrouverai Socrate et Galilée !
LE BRET (se révoltant):
Non, non ! C'est trop stupide à la fin, et c'est trop
Injuste ! Un tel poète ! Un cœur si grand, si haut !
Mourir ainsi !. . .Mourir !. . .
CYRANO:
Voilà Le Bret qui grogne !
LE BRET (fondant en larmes):
Mon cher ami. . .