Je m’élance à cheval, éperdument. Je bois

Le vent ; je ne suis plus qu’un désir d’aller vite,

De crever mon cheval et mon rêve ; j’évite

De regarder courir au loin les peupliers

Pareils à des bonnets penchés de grenadiers ;

Je vais ; je ne sais plus quel est mon nom ; je hume

Avec enivrement la forte odeur d’écume,

De poussière, de cuir, de gazon écrasé ;

Enfin, vainqueur du rêve, heureux, brisé, grisé,

J’arrête mon cheval au bord d’un champ de seigle,