FLAMBEAU, superbement, en retirant d’un coup le gilet qui le grossissait encore.

Je la monte !

(Il apparaît, maigre et nerveux, sanglé dans son vieux frac bleu de grenadier : les basques relevées par-derrière sous le gilet, retombent ; la silhouette se trouve complétée par la blancheur de la culotte et des bas de livrée.)

LA VOIX DE SEDLINSKY, s’éloignant.

Allons ! C’est bien ! bonsoir !

FLAMBEAU, avec un petit salut ironique de la main vers la porte fermée.

Bonsoir !…

(Il grandit d’une coudée, défripe en deux tapes son uniforme, étire ses bras chevronnés, remonte les épaulettes aplaties ; passe dans ses cheveux coiffés et poudrés le gros peigne de ses doigts écartés pour les relever en héroïque broussaille ; marche vers la console de gauche, saisit parmi les souvenirs qui l’encombrent le sabre-briquet qu’il passe, le bonnet à poil qu’il coiffe, le fusil qu’il fait sauter dans sa main ; s’arrête une seconde devant la haute psyché pour rabattre ses moustaches à la grenadière, gagne en deux enjambées la porte du prince, tombe au port d’armes…)

Et c’est ainsi

Que soudain redressé, délarbiné, minci,