Non ! non ! ce n’est pas moi ! pas moi !

(Mais sa voix s’étrangle, il bat l’air de ses bras, tourne dans l’ombre, et tombe, lamentable blancheur, devant le miroir brisé, en appelant.)

Père ! au secours !…

Rideau.

ACTE IV
LES AILES MEURTRIES

Le rideau s’ouvre, au murmure des violons et des flûtes, sur une fête dans les Ruines Romaines du parc de Schœnbrunn.

Ces ruines sont, naturellement, aussi fausses que possible ; mais construites par un agréable archéologue, adossées le plus heureusement du monde à une colline boisée, vêtue de mousses abondantes, caressées d’admirables feuillages, elles sont belles dans la nuit, qui les agrandit et les poétise.

Au fond, au milieu de pittoresques décombres, une large et très haute porte romaine s’arrondit, et laisse voir, en perspective, sous son arc ébréché, une avenue de gazon qui s’élève, comme un chemin de velours, jusqu’à un lointain carrefour bleuâtre, où semble l’arrêter un geste blanc de statue.

Devant cette porte s’allonge un petit vivier d’eau dormante, et des divinités de pierre se cachent dans des roseaux.

Et ce sont des colonnades à demi écroulées à travers lesquelles on voit passer des masques ; des escaliers que montent et descendent tous les personnages de la Comédie Italienne. Car la fête est costumée, la mode étant aux Redoutes, aux dominos, aux capes vénitiennes, aux étranges chapeaux chargés de plumes, aux grandes collerettes, aux loups noirs barbus de dentelle, sous lesquels on aime à s’intriguer.