LE GÉNÉRAL A SON AIDE-DE-CAMP.—Hum, mon ami, c'est significatif cela, j'espère. Vous ne vous étiez pas trompé. (A ces dames). Vous allez nous chanter une petite chanson, une chanson de France.
UNE DES DAMES.—Je chante si mal!
L'AUTRE DAME.—J'en pince si peu!
—Modestie que tout cela, modestie! Vous allez chanter et en pincer, aimables friponnes. Nous écoutons.
—Mais avant de nous soumettre à l'épreuve que vous voulez nous faire subir ou subir vous-mêmes, messieurs, voudriez-vous vous rafraîchir?... Domingo! Domingo! apportez des confitures et du Sangari à monsieur le général.
—Si Señora,» répond un gros nègre.
Le général dépose sur un canapé son épée et son chapeau. L'aide-de-camp en fait autant. Voilà Mars désarmé par l'Amour.
Une des syrènes chante la plaintive romance. Son amie l'accompagne sur sa mandoline, en faisant rouler sur le général des yeux qu'elle s'efforce de rendre caressans et fripons. Le général est transporté d'aise et d'ivresse.
«Comment trouvez-vous cette voix? demande-t-il à son compagnon.
—Un peu forte, mais assez bien timbrée.