LE BANIAN,
Roman Maritime,
PAR
ÉDOUARD CORBIÈRE.
TOME PREMIER.
BRUXELLES.
J. P. MELINE, LIBRAIRE-ÉDITEUR.
1836
Imprimerie de J. Stienon.
La caste idolâtre des Banians dont les pratiques et les scrupules religieux rappellent un peu la rigidité des premiers israélites, se livre, dans tout l'Hindoustan, à cette sorte de commerce nomade et de modestes spéculations mercantiles que les Juifs exercent encore dans quelques parties de l'Europe. Les marins qui ont long-temps fréquenté l'Inde, et qui nous ont peu à peu familiarisés avec les expressions qu'ils avaient puisées dans le vaste dictionnaire usuel des nations de l'Orient, ont appliqué, par analogie, le nom de Banians aux petits marchands qui, dans nos colonies, leur rappelaient, par leur activité pour le trafic subalterne, l'avidité de la race commerçante de la péninsule indienne. C'est ainsi qu'aujourd'hui nos matelots désignent sous la qualification de Banians, les Européens qui vont s'établir dans les îles pour y pratiquer le bas agiotage, que le haut négoce abandonne aux petits blancs et aux coureurs d'habitations. Le vocabulaire maritime, que les marins ont enrichi du fruit de leurs observations vulgaires, mais justes, et des mots nouveaux qu'ils ont recueillis dans leur contact avec tous les peuples, est beaucoup plus riche et plus instructif qu'on ne le pense généralement.
(Résumé de tous les dictionnaires, au mot Banian.)