—Et puis je vous ferai observer aussi qu'il ne faut pas vous effrayer de l'expression neigeux de sable, que j'ai employée pour peindre la blancheur du sable du désert; ceux en Arabie, m'a-t-on assuré…

—Mais permettez-moi donc de lire d'abord, après vous m'expliquerez ce que je n'aurai pas bien compris… Tenez, voilà justement le timonier qui est seul devant l'habitacle; tous les importuns et les curieux sont allés se coucher; c'est le plus beau moment pour jeter un coup-d'œil sur vos vers.»

Je courus tout de suite à l'habitacle, et aussi vite que je le pus cette fois, pour ne pas être arrêté de nouveau par les observations préparatoires du poète. J'ouvris, à la clarté vacillante de la lumière qui éclairait la boussole, le mystérieux papier, et je lus, en me tenant du mieux possible au roulis, accroupi auprès du timonier, qui me regardait avec indifférence en continuant à faire tourner sa zone:

A Elle! A Elle! A Elle!

O! qui pourra dans ton cœur, femme,

Mouiller l'ancre des passions,

Et crocher son âme à ton âme

Du grappin des tentations!

Dans le calme plat de l'orage

Ton œil seul guide mon esquif;