Le mirage, c'est sa patrie,
Et sa patrie est dans tes yeux.
Que nous fait que le désert roule
Du sable plein tout l'univers;
Le vent en un instant s'écoule,
Mais le sable garde les vers.
Lorsque j'eus assez ri tout seul et tout à mon aise de la sublime épître qui venait de m'être confiée, j'allai retrouver mon poète que j'avais laissé sur le gaillard d'avant. Il attendait mon jugement avec une anxiété visible et comme un auteur attend l'arrêt du parterre: car j'étais le parterre de Gustave à bord de notre navire… En me voyant revenir à lui, il me demanda:
«Eh bien! que pensez-vous de ces vers-là?
—Mais je n'en pense rien encore.
—Avez-vous remarqué les idées neuves que j'ai réussi à jeter, à semer dans la langue poétique que je me suis créée?