13.
DÉVOUEMENT DE ROSALIE.
La fièvre jaune.—Soins de Rosalie.—Commerce.—Chute du gouvernement impérial.
Mon affaissement moral, le dégoût de la vie, des nuits sans sommeil et des jours accablans allumèrent bientôt; dans mon sang irrité cette affreuse maladie que les affections de l'âme tendent surtout à développer dans ces climats funeste.
Je vis arriver la fièvre jaune sans effroi. A la nouvelle de mon indisposition, le médecin qui avait donné ses soins à Ivon accourut près de moi, malgré le nombre excessif des malades entre lesquels il se partageait.
—Eh bien! qu'avons-nous donc, Léonard? Est-ce que nous aurions envie d'être malade?
—Docteur, je crois que me voilà pris à mon tour.
—Voyons votre pouls…. Vous vous sentez des douleurs aux reins, un grand mai de tête, une débilité générale?
—Oui, je me sens tout cela, et je m'en moque.
—Et vous avez raison; car votre état n'a rien de bien inquiétant encore, et c'est déjà fort bon signe que vous ne vous en alarmiez pas.