Le capitaine espagnol s'avance en tremblant et en élevant vers son vainqueur des mains agitées par la peur.

—Qu'as-tu de précieux à ton bord?

—Ma cargaison et ma malle.

—Rien de plus?

—Rien, illustre commandant, je vous le jure par saint Antoine et les plus saints de nos martyrs.

—Réfléchis bien à ce que tu vas me répondre. J'ai en main le manifeste de ta cargaison. Si tu m'avoues tout, je te laisse la vie: si tu mens, ce cartahu, frappé à ma grande vergue, punira ta dissimulation?

—J'ai trois barils de piastres dans ma chambre. Raphael a dû vous le dire, puisque c'est lui qui nous a trahis.

—Passe-lui une cravate de franc-filain, Gouffier, puisqu'il n'a que trois barils de piastres.

—Illustre commandant, j'oubliais de vous dire, tant je suis ému, qu'il y en a encore cinq barils, mais cinq barils tout petits, tout petits, dans une cachette sous le panneau de la chambre.

—Ce n'est pas encore assez. Range à virer sur le cartahu.