Consentira! Non pas, s'il vous plaît... je ne consens pas plus que je ne m'engage.

—Comment donc faut-il rédiger cela?... Ah! attendez, j'ai trouvé le moyen de tout arranger.

«Moyennant quoi le dit sieur gouverneur accordera, si bon lui semble, aux dits sieurs capitaine et subrécargue le remboursement des frais faits pour lui avoir procuré....»

Procuré, non, attendez, le terme pourrait offrir une méchante interprétation pour nous. Mais, au surplus, comme cet acte ne sera vu que par nous trois, il importe peu qu'un mot puisse présenter une maligne équivoque, pourvu qu'il n'y ait pas d'ambiguité dans les expressions, et que la bonne foi la plus parfaite préside à la rédaction de notre contrat. Je reprends en conservant le mot procuré.

«Pour lui avoir procuré la jeune personne dont il est cas, la susdite jeune personne devant servir chez M. le gouverneur à tenir sa maison, sous le titre et avec les prérogatives de gouvernante, etc., etc.

«Fait double à Sierra-Leone entre les parties...» (Ici le protocole et la formule ordinaires dans ces sortes d'actes.)

«En foi de quoi nous avons signé le présent, ce jourd'hui, vingt octobre, l'an de grâce mil huit cent....»

—Excepté, vous le savez bien, que je ne signe pas.

—Vous ferez bien néanmoins une petite croix, rien que pour m'obliger, n'est-ce pas, monsieur le gouverneur?

—Allons, va pour une croix, puisque vous paraissez y tenir si invariablement.... Voilà ma signature, comme si en ma qualité de gentilhomme je ne savais pas écrire.