de la composition architecturale, aussi bien que les détails techniques d’une admirable exécution, démontrent l’expérience consommée que les architectes de ces magnifiques édifices avaient acquise dès le milieu du XIIᵉ siècle.
Les plans de ces églises ressemblent à ceux d’Angoulême et de Fontevrault, et nullement aux édifices du Nord.
Fig. 11.—Plan d’une travée de la nef de Laval (la Trinité).
Les nefs uniques, comme celles des églises à coupoles, sont formées de travées sur plan carré, mais la construction des voûtes s’est perfectionnée par l’emploi raisonné de l’arc-ogif ou croisée d’ogives remplaçant les pendentifs de la coupole, les constructeurs du temps ayant réalisé dès lors les progrès considérables que nous avons constatés et expliqués dans le chapitre précédent.
Ces immenses nefs, voûtées sur croisée d’ogives, ressemblent aux coupoles; elles rappellent leurs formes générales, mais les dispositions des voûtes sont différentes. Les croisées d’ogives ne sont plus de simples nervures décoratives, mais bien des arcs possédant des fonctions aussi actives que les doubleaux et les formerets; leur réunion composant une ossature élastique dont le poids est reporté sur les quatre points d’appui, recevant les retombées des arcs qui composent, pour ainsi dire, la charpente en pierres appareillées.
Les coupes comparées (fig. [13] et [14]) des églises d’Angoulême et d’Angers déterminent nettement la filiation certaine qui existe entre ces édifices élevés: l’un dans les premières années du XIIᵉ siècle et l’autre trente ou quarante ans plus tard; elles marquent en
Fig. 12.—Coupe longitudinale de deux travées de la nef (Sainte-Trinité, à Laval).
même temps les progrès réalisés par les architectes angevins dans la construction des voûtes sur croisée d’ogives remplaçant les coupoles sur pendentifs, d’où elles dérivent, par l’application plus raisonnée et plus perfectionnée des mêmes principes architectoniques.