Fig. 8.—Coupe d’un arc-ogif ou croisée d’ogives.
L’identité des fonctions architectoniques du pendentif et de la croisée d’ogives, construits l’un et l’autre en pierre, appareillés normalement à leurs courbes, démontre la communauté de leur origine et que, comme conséquence d’une filiation certaine, c’est la coupole aquitaine qui a engendré la croisée d’ogives.
CHAPITRE III
PREMIÈRES VOUTES SUR CROISÉE D’OGIVES.
Les premières applications du système de construction des voûtes sur croisée d’ogives apparaissent dans les grandes églises d’Angers et de Laval.
Fig. 9.—Plan d’une travée de l’église d’Angers (Saint-Maurice).
Il est probable que les nouvelles méthodes, propagées par les architectes religieux de l’Aquitaine ou des provinces voisines, avaient excité l’émulation des architectes du Nord et, particulièrement, ceux de l’Ile-de-France; quelques parties secondaires des édifices élevés par ceux-ci, comme des bas côtés ou des chapelles absidales, pourraient en fournir les preuves par des dispositions timides qui rappellent plutôt les voûtes romaines dont les arêtes seraient accusées par des nervures, qu’elles n’indiquent une révolution dans le mode de voûtement des églises.
Mais nulle part, au XIIᵉ siècle, le nouveau système des voûtes sur croisée d’ogives ne s’est manifesté avec plus de puissance qu’à Angers, dont les nefs ont plus de seize mètres de largeur, si ce n’est à Laval. L’ampleur
Fig. 10.—Coupe transversale de la nef de l’église d’Angers (Saint-Maurice).