La coupole de cet édifice est renforcée par des nervures qui la raidissent; elle devient une voûte annulaire, formée d’assises à peu près horizontales disposées en claveaux, soutenue comme elle le serait à l’aide de cintres permanents en pierre figurés par des nerfs transversaux et diagonaux.
L’église de Saint-Pierre, à Saumur, marque encore un progrès dans la construction des voûtes dérivant de la coupole[9].
Fig. 6.—Coupe d’une travée de l’église de Saint-Avit-Senieur.
Enfin, les architectes de l’Anjou et du Maine réalisent un perfectionnement décisif. Les pendentifs se transforment en ne conservant que leurs parties utilement actives, qui se manifestent par des arcs-diagonaux, c’est-à-dire par des arcs-ogifs ou croisée d’ogives, saillants et indépendants, qui sont appareillés exactement comme les pendentifs de la coupole (fig. [3]) et dont les fonctions sont identiques (fig. [8]).
La voûte proprement dite n’est plus formée d’assises concentriques comme dans la coupole mère. Elle est désormais construite en claveaux appareillés normalement à la courbe et remplissant les triangles A B C D (fig. [7]) déterminés par les arcs-formerets—latéraux, les arcs-doubleaux—transversaux et les arcs-ogifs—diagonaux ou croisée d’ogives; ces arcs formant une charpente de pierre, une ossature—tout aussi solide, mais plus légère que les pendentifs des coupoles—destinée à soutenir les voûtes en reportant leurs charges sur les quatre points d’appui.
Fig. 7.—Plan d’une voûte sur arcs-ogifs ou croisée d’ogives.
Les remplissages triangulaires n’emprisonnent plus l’arêtier—plus exactement les arcs-ogifs ou croisée d’ogives—et ne neutralisent plus ses fonctions actives. Au contraire, ces remplissages sont indépendants comme la croisée d’ogives elle-même et ils contribuent à assurer l’élasticité des divers organes de la voûte, condition essentielle de sa solidité. La disposition particulière des arcs-ogifs de la nef d’Angers fournit une preuve incontestable de la filiation directe de cet édifice avec la coupole aquitaine; les claveaux des arcs-ogifs ont comme section une largeur à peu près égale à celle des arcs-doubleaux, et comme hauteur l’épaisseur des voûtes de remplissage, augmentée de la saillie intérieure accusant la fonction de ces arcs diagonaux, qui semblent avoir été tranchés dans les pendentifs d’une coupole—en A de la figure 8—il faut remarquer que les triangles des voûtes de remplissage dont les claveaux sont perpendiculaires aux arcs-doubleaux et formerets ne reposent pas encore sur l’extrados des arcs-ogifs.—en B de la figure 8 selon le mode de construction adopté dans l’Ile-de-France et ailleurs quelques années plus tard.